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913080 Publié le 22/03/2004 à 20:33 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
... d'histoires, d'historiettes, de racontages...

Je n'ai rien contre la poésie; j'aime beaucoup, au contraire, même si je sais peu faire.

Mais j'ai connu ce forum "Plaisir d'écrire" plus varié:
poésie, certes,
mais aussi petites "nouvelles",
écrits plus variés,
émouvants à vous turbuler les tripes...

nan, pas la tête.

Juste envie de dire que si

"La pianiste" n'était pas venue ici,
"Elsa" n'existerait pas...
Comprenne qui pourra.

ça ne rime à rien de toujours vouloir rimer: prosons aussi.
634723 Publié le 22/03/2004 à 20:46 supprimer cette contribution
tiens, tiens....

souvenirs souvenirs!
913080 Publié le 22/03/2004 à 22:17 supprimer cette contribution
des bêtises dans le genre

Paul et Gertrude...
913080 Publié le 22/03/2004 à 22:17 supprimer cette contribution
Un, deux, trois… cinq et demi-tour, un deux, trois… et demi tour ; environ huit cents aller-retours et deux heures de marche dans cette cellule grise qui ne pense pourtant à rien.
Ironie quand tu nous tiens ; tu sauves Paul de sa folie rampante, lui le reclus, le rebus de la sôôciété, condamné à huit ans ferme.
Pas à la simple prison, non : à la réclusion criminelle, ce n’est pas du tout la même chose ; il est seul, ce qui ne le gêne pas vraiment ; la solitude n’est rien, elle lui est une compagne facile.

Les seuls contacts de Paul sont rythmés, métronomisés impitoyablement par la tarentule administrative qui en a la « charge ». Petit déj, douche, promenade (trente minutes, sauf dimanches et jours fériés), bouffe, etc…
Petit à petit, il a développé la conviction que ce sont les mêmes secondes, les mêmes minutes, les mêmes heures qui servent et resservent chaque jour, chaque journée étant elle-même remise en service tous les matins. Il se dit bien que dehors beaucoup de gens fonctionnent ainsi.

La solitude, ça va : Paul peut peupler. Ce qui est dur, c’est l’isolement…Qui devient horrible quand Photo est de service.
La majorité des gardiens est plutôt sympathique, bonhomme et apathique…
Mais Photo, lui ! dans le genre comique à deux balles, grasseyant et fier de lui :
« J’me présente : Minolta, mais tu peux m’appeler Photo ; Minolta, photo, parce que j’suis maton… photo maton, quoi !! ». N’est pas véritablement méchant, mais lourd, lourd…

Déjà trois ans que Paul se farcit ce débile, qui constamment lui sert la même soupe, assaisonnée de la même vanne.

Pourtant aujourd’hui Paul est heureux ; il y a des cui cui dans les oreilles, du vent dans les poumons et des fourmis dans les jambes. Il y a grève du personnel ce qui bouleverse un tantinet le ronron quotidien : pas de cantine, donc sandwiches, pas de promenade et pas de Minolta.




Fameux, le sandwich : bœuf froid, moutarde, salade ; depuis bientôt trois ans qu’il pourrit ici, c’est la première fois que Paul peut savourer, assis sur son lit, les yeux à demi clos, sans ce parfum métallique qui enveloppe tout ce que la cantine sert.

Bercé par ses souvenirs de promenade dans les prés, avec Virginie, à qui il avait dû expliquer que la différence entre une vache et un taureau ne tenait pas strictement à la taille des cornes.

« Ecoute bien, Virginie : la vache a deux sous-produits : le lait et la bouse. Le lait, on en fait du beurre et du fromage, ça ne nous intéresse pas. Reste la bouse ; de deux choses l’une : soit elle tombe sur le pré, soit elle tombe sur le chemin. Sur le pré, elle se décompose, ça ne nous intéresse pas. Si elle tombe sur le chemin, de deux choses l’une : soit on marche dedans, soit on ne marche pas dedans. Si on ne marche pas dedans, on passe son chemin, ça ne nous intéresse pas. Si on marche dedans, de deux choses l’une : soit on s’en aperçoit, soit on ne s’en aperçoit pas.
Et si on s’en aperçoit, alors là, Virginie, on se dit : « la vache a deux sous-produits, le lait, la bouse… »



Paul sort de ses rêves absurdes, attiré par un petit mouvement, à l’angle du mur .
Il y a une miette de son sandwich qui bouge, par terre. Il s’approche doucement et dans la pénombre distingue une fourmi qui remorque le débris.
Une fourmi… Paul est troublé ; au cœur de la mécanique confortable dans laquelle il s’était résigné à n’être qu’un rouage soumis, voici qu’il n’est plus tout seul. Timidement, il propose un doigt délicat comme barrage, et la petite fourmi grimpe sur sa main, abandonnant au sol l’énorme miette.

Le temps s’est alors arrêté, et la même seconde a servi longtemps, longtemps…

Paul, la bouche entrouverte bavant un bout de salade, fait jouer sa main tel un marionnettiste pour accompagner les courses affolées de la bestiole. Ce n’est pas une grosse fourmi méchante, rapide ou urticante ; juste une petite fourmi de lézarde, de cuisine. Une fourmi en prison, puisqu’elle est toute seule…
Enfin, il la repose à terre gentiment, pour l’observer interminablement charrier sa pitance vers une fente minuscule de la base du mur.

Le lendemain, la grève terminée, Minolta est revenu, avec sa bouffe avariée, sa blague idiote et son pain rassis. Paul n’a pas mis tout le sucre du sachet dans son yaourt.
Il a déposé avec soin quelques grains de sucre près de la fente. Et il a attendu, et elle est venue…

Après quelques jours de ce manège, devant la régularité des visites de sa fourmi, touché par sa facilité à grimper sur ses doigts, passionné par l’observation de l’insecte, Paul décida d’appeler sa fourmi Gertrude…





Quelque mois plus tard, il appelait :
« Gertrude ? »
… et celle-ci accourait, docile et curieuse. Et le temps est devenu élastique…
Amitié improbable entre une brute et une fourmi : tout l’esprit de Paul est occupé par Virginie ; lui, le violeur abruti se transforme peu à peu en ami attentionné, prévenant. Il la nourrit, lui apprend des tours .
Au bout de dix-huit mois, Minolta écœuré et muté est parti faire profiter d’autres chanceux de la finesse de ses plaisanteries.
A chaque repas, Paul est fier de montrer sa Virginie, qui devient l’attraction des gardiens ; son tour le plus remarqué est celui qui consiste à entrer dans l’oreille de son maître pour ressortir quelques minutes après par le nez ! Beaucoup de matons étaient certains que Paul avait deux fourmis…
Il lui racontait également des histoires, comme il faisait avec Virginie.

Des histoires de cigales, ou des histoires de poux :
« Chez les Papous, il y a les Papous papas et les Papous pas papas; il y a aussi les Papous à poux et les Papous pas à poux . Donc, il y a des Papous papas à poux, des Papous papas pas à poux, des Papous pas papas à poux, des Papous pas papas pas à poux. Mais chez les poux, il y a des poux papas et des poux pas papas… »
Et Gertrude semblait écouter, immobile sur le dos de la main, ou, les jours de chaleur, sortant juste ses minuscules antennes du nombril de Paul.

Trois étés plus tard, le sauvage est devenu mouton, exemplaire et apprécié de tous, détenu modèle qui, profitant de remises de peine se trouve aujourd’hui à la veille de sa libération conditionnelle. Il n’a pas peur et personne ne s’inquiète à son sujet : il n’est pas seul…


Paul serre Gertrude sur son cœur, dans une petite boîte d’allumettes cachée au fond de sa poche de poitrine.
Il a eu un peu de mal à l’y faire entrer.
« Allez viens, ma cocotte, tu verras comme on sera bien,
je te montrerai la ville,
la campagne ;
je te permettrai des fonds de placards,
des évacuations de baignoires,
des arrières de frigos
et même des coins à poubelles ;
on ira voir la mer,
et même des pique-niqueurs…
Non, sors de ma narine ! N’aie pas peur. Calme toi, là… ma belle, là… »

Levée d’écrou à onze heures ; le temps reprend sa marche brutalement. Quelques encouragements de circonstance, muni du pécule et de la valise cartonnée réglementaires, Paul se réveille dans la rue, ahuri. Le temps est doux, calme, début d’automne.

Les cinq premiers pas sont faciles, mais Paul a eu un mal fou à ne pas faire demi-tour. Un, deux, trois… cinq et …six ou plus, oui, dans la même direction ! La liberté !
Machinal, instinctif, il s’attable à la terrasse de l’inévitable bistrot d’en face, et commande un petit blanc sec…

Le sang de Paul se glace lorsque le garçon, qui n’était pas le même que celui auquel il avait passé commande, lui apporte son verre : celui-là, c’est Minolta tout craché !
« Voilà pour monsieur : un p’tit blanc sec ; toujours meilleur qu’un grand nègre mouillé ! »
Et le même humour, en plus… décidément.

Paul se relâche, tranquille, grâce à deux gorgées (du velours) et au passage d’une brunette fraîche comme une sauterelle de rosée, celles qui sont encore engourdies et que l’on peut attraper si facilement. Relents de vieux démons …

Un infime grattouillis le ramène soudain des rivages insalubres où s’égarait sa mémoire. Gertrude !
Il prélève délicatement du petit doigt une goutte de vin qu’il étale en virgule élégante sur le marbre de la table : faut pas qu’elle se noie. Il ouvre doucement la boîte d’allumettes, si près du liquide que la fourmi s’y plonge aussitôt avec une jouissance évidente.

Et Paul contemple, le menton entre les mains, serein, ému, étouffant de bonheur.
Le garçon passant près de lui, il lui fait signe :

« Dites, vous avez vu ?… »

Le loufiat s’approche, examine, l’œil blasé, et d’un pouce négligent écrase Gertrude.

Puis, essuyant rapidement la table :

« Ca, monsieur ? s’cusez moi… c’est juste une fourmi ! »
913080 Publié le 22/03/2004 à 22:17 supprimer cette contribution
ce genre-là... ya personne?
588138 Publié le 22/03/2004 à 22:21 supprimer cette contribution
Souvenirs
715708 Publié le 22/03/2004 à 22:49 supprimer cette contribution
ah carlow ! ton mec y retourne tt de suite alors ? le contraire me surprendrai
mais elle est epoustouflante ton histoire , de la creme quoi .
comme on n'en voit plus sur affection , et je me rappelle bien les jours ou c'etait du quotidien avec Domi krown et carlow bien sur , dommage
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 22/03/2004 à 22:58 supprimer cette contribution
j'aime carlow....
mais je me sens moins à l'aise ...
mais j'aime tant lire...
pour ces textes il faut du temps...
et je n'en ai pas assez pour en composer...
mais je me fais un plaisir de passer par ici...
merci à toi

PS. J'aime ta nouvelle photo!
913080 Publié le 22/03/2004 à 23:00 supprimer cette contribution
miminou
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 22/03/2004 à 23:04 supprimer cette contribution
waaaaaaao t'es passé vite là...
j'aimais... bien tes histoires en jeux de mots... je trouvais cela rigolo...
913080 Publié le 22/03/2004 à 23:11 supprimer cette contribution
eh bien, reprends les donc, c'est pas du domaine privé, que je sache
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 22/03/2004 à 23:23 supprimer cette contribution
que nenni! pas du domaine privé...
pitète que je reprendrai...
mais en semaine... je passe pas très longtemps... et fatigue aidant... je manque d'imagination...
d'ailleurs...faut que j'aille recherger mes neurones... à cette heure... dur dur!

et bonne nuit carlow
913080 Publié le 22/03/2004 à 23:26 supprimer cette contribution
sweet dreams
939820 Publié le 22/03/2004 à 23:28 supprimer cette contribution
ouff vain dieu, vs autres vs écrivez plus vite que moi j'arrives à lire , passeriez vous par dictaphone internetique , lol , lol, faut me donner la recette, ça menagera mon pvr ti doigt cassé , booooouuuhh, snifff.
786879 Publié le 23/03/2004 à 17:57 supprimer cette contribution
certains ont des doigts plus rapides que d'autres sans plus... pour moi l'été donne plus de temps à ce type de récits!
842060 Publié le 23/03/2004 à 18:32 supprimer cette contribution
Ben moi j'ai commencé à en tricoter une !

- là-bas !
634723 Publié le 23/03/2004 à 21:42 supprimer cette contribution
un peu de chassé croisé entre gertrude et virginie, carlow, mais ça fait plaisir des les retrouver ces deux là

en tout cas, bel exemple!!!!
Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ Sweet-Eden Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ - 833184lui écrire blog Publié le 25/03/2004 à 11:09 supprimer cette contribution
J'ai bien aimé les poux papas pas poux ou papous chai plus merçi carlow en tout cas
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