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Souvenirs scolaires

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913080 Publié le 04/01/2005 à 19:31 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
Tout le monde sait ici que chuis instit...

Bêtement, je ne m'en suis jamais caché.

Tout le monde est allé à l'école.

Si on racontait?
913080 Publié le 04/01/2005 à 19:32 supprimer cette contribution
Je me souviens encore de l’odeur…

Pas celle du lait au chocolat qu’on nous servait, mais de celle du plastique des timbales.

Il fallait absolument passer par cet effluve pour se voir lâchés dans la cour accueillante. Un maître, ou une maîtresse, nous servait patiemment à la louche notre ration de calcium…

On tendait le gobelet plastoc, il (ou elle) versait, d’une louche mécanique et on engloutissait (c’était vatchement pâteux).

On rinçait, et enfin on pouvait déguerpir sur l’espace de liberté pour se friter aux « gendarmes et voleurs » ou, plus délicatement, effiler nos doigts aux « osselets ». Jeu simplement fait d’adresse digitale, assis au soleil du trottoir.

Parfois, selon la mode du jour, c’étaient les billes qui nous réunissaient. Triangle, poursuite : nous devenions de vrais marchands de tapis dont la richesse se mesurait au poids du sac attaché à nos ceintures, qui contenait des trésors . Leur cours, à la bourse billesque, était très précis : un « trillard » valait trois « boulards » qui valait cinq « agates », chacune valant trois « terre ».

Et surtout, ne pas oublier, au premier coup de sifflet, d’aller dans les rangs faire de l’œil aux filles qui nous rejoindront en classe mixte, la cour ne l’étant pas, bizarrement…

Ce n’est que bien plus tard que j’ai su : le lait, c’était Mendes-France.

Ce grand homme m’a donc laissé un souvenir : l’odeur du plastique.
634723 Publié le 04/01/2005 à 21:20 supprimer cette contribution
Citation:
les canards ne sont pas mieux traités qu'ailleurs


comme quoi on ne nous faisait pas lire seulement de l'écrémé!

913080 Publié le 04/01/2005 à 21:20 supprimer cette contribution
Citation:
ginette fitousy


cafteuse!!
913080 Publié le 04/01/2005 à 21:36 supprimer cette contribution
Et puis il y avait Hahila : il était beau, Hahila, et je l’aimais. Il avait de longs cils, était couleur pain grillé et sentait un peu la cacahuète. Très rapide, presque autant que moi, ce qui n’est pas peu dire, il savait esquiver mais pouvait aussi rattraper. Une vraie gazelle !

Séparés en classe par nos statuts (lui dernier, au fond, et moi désespérément premier, au même rang…), nous nous retrouvions invariablement aux récrés.

Me remontent ici de superbes chicorages, des gnons filés sur l’autel de deux causes :
- sale arabe !
- sale chouchou !

Solidaires et teigneux, Hahila et moi étions comme frères.

Ma vie d’homme en respire encore…

Qu’est-il devenu ?
863730 Publié le 04/01/2005 à 23:56 supprimer cette contribution
Je me souviens des matins d'hiver qui voyaient passer des petites frimousses sur le chemin de l'école, mains collées dans les poches ou sous les manteaux pour mieux les réchauffer mais avec les yeux grand ouverts devant la blancheur des champs, des prés, des toits étincelants.

Je me souviens des petites jambes de mes camarades courant dans la cour et sous le préau avant de se rassembler devant les vieux bâtiments.

Puis la porte s'ouvre et nous entrons dans une salle froide mais qui sent la vie et le vieux poêle qu'il faut allumer pour chauffer la pièce. Nous conservons encore quelques minutes nos manteaux, le temps de sentir la chaleur envahir ce qui sera notre maison pour la journée. Dehors, le soleil réchauffe lui aussi la nature, et ses quelques rayons qui nous parviennent nous font oublier les meurtrissures d'un hiver rigoureux.
913080 Publié le 05/01/2005 à 19:00 supprimer cette contribution
Tu surprends, Esteban: tes souvenirs ont l'air si vieux...

Mais...
913080 Publié le 05/01/2005 à 19:02 supprimer cette contribution
J’ai de la chance : souvenirs d’instit, aussi.

En 1978, dans la petite école de mon village, nous étions un couple en « poste double ». Deux classes, un couple d’instits et une cour sauvage plantée d’un immense caroubier et de buis propices aux cachettes, de pruniers, frênes ou autres marronniers.

Donc : deux classes pour une trentaine de marmots. « Monsieur » les grands, « Madame » les petits.
Cependant, soixante-huitards, monsieur et madame avaient un peu bousculé les habitudes : ayant mis en place un « décloisonnement », chacun intervenait à tour de rôle dans les deux classes, selon les matières, négociées facilement sur l’oreiller…
La classe des petits réunissait les 3-6 ans, donc maternelle et CP, la classe des grands faisait le reste.

Par ailleurs, il faut s’imaginer les lieux d’aisance accessibles aux gamins : deux méchants wc à la turque fermaient mal et faisaient peur aux plus petits. De plus, en raison de l’humidité ambiante, il était impossible d’y laisser le papier nécessaire à certaines opérations…

C’est ainsi qu’un matin d’hiver, alors que j’étais en train de chanter des bêtises avec les tout petits, Daniel frappa à la porte.

- Monsieur, madame elle m’a dit qu’il faut que je te demande du papier pour me frotter le cul.

Devant mon air interloqué, Daniel rectifie immédiatement :

- Euhh… pardon : madame elle m’a dit qu’il faut que je te demande du papier pour m’essuyer le cul.
863730 Publié le 05/01/2005 à 19:28 supprimer cette contribution
Bonsoir Carlow

32 ans c'est pas bien vieux. Ce ne sont pas mes souvenirs qui sont si vieux mais plutôt les bâtiments qui avaient un côté très ancien avec le bois, le plancher, le vieux poële, etc.

J'ai passé mes années de primaire dans ces barraquement sauf pour les deux dernières que j'ai passées dans des locaux neufs lorsque l'école a été reconstruite ailleurs.
913080 Publié le 05/01/2005 à 19:43 supprimer cette contribution
Merci pour tes explications; comme quoi, hein! C'est fou, ça!

Ca me rappelle mon ex beau-frère. Le gars était directeur de Motorola Europe, en Suisse. Tu vois le genre... Un jour, à table, il me dit:

"Vous, les enseignants, vous êtes improductifs".

Ce grand patron s'est écoeuré en trois secondes:

"A combien, puisque c'est ta jauge, estimes-tu celui qui t'as appris à lire, ?"

La fin du repas fut lugubre...
1181377 Publié le 05/01/2005 à 22:21 supprimer cette contribution
C'est ma maman qui m'a appris à lire, ecrire et compter. Sans doute à aimer aussi mais c'est une autre histoire ratée. Elle fût, dans sa classe d'institutrice de maternelle, ma première maîtresse. Depuis, j'ai passé je crois à peu près 21 années le cul posé, à apprendre, 6 en maternelle primaire, 8 en secondaire (et oui, foiré mon bac pour une fille) le reste dans le supérieur.
J'ai eu beaucoup de maîtresses et pas beaucoup de souvenirs d'elles...
Ah, si, juste celui de l'encre violette. Mais il n'y a plus beaucoup de femmes qui se parfument à cette encre là.
634723 Publié le 05/01/2005 à 23:24 supprimer cette contribution
Citation:
Ah, si, juste celui de l'encre violette. Mais il n'y a plus beaucoup de femmes qui se parfument à cette encre là.


que j'aime cette phrase là
1290740 Publié le 06/01/2005 à 09:34 supprimer cette contribution

Le statut particulier de ma région m’a fait suivre ma scolarité élémentaire dans une école publique gérée par des Soeurs. Leur Congrégation dont le siège est à Ribeauvillé, s’appelait “La Divine Providence” (je ne sais pas si elle existe encore !).

“La Divine Providence” me fait sourire en y repensant. Bien sûr, au cours de fin d’études n’étaient présentées au certificat d’études que celles qui étaient sensées réussir... que des filles, la mixité n’existait pas... et les résultats étaient là, du 100% ...

Je n’évoquerai que rapidement les heures de “rab” qu’elles nous faisaient faire pour nous préparer à cet examen... et que je te refasse la même dictée cinq fois après la classe, et que je te calcule le nombre d’intervalles entre les piquets de la clôture du pré où paissaient les vaches qui donnaient tant et tant de litres de lait par jour...

“Providence”: protection, aide, référence.. certainement, mais je me souviens des coups de règle sur le bout des doigts, des paroles blessantes, des brimades pour les moins nanties, des préférences marquées pour les filles de notables...

... et le violon grinçant pour les cours de chant, et les dizaines de stères de bois coupé qu’il fallait monter au grenier du 3ème étage, et la cueillette des fleurs de tilleul malgré mon allergie et mes éternuements perpétuels..

... et la fin de l’année scolaire, joyeuse éclaircie due à un bout de toile émeri ... une cire d’abeille ( pas n’importe laquelle, la marque était imposée !!!), pour des bancs en bois remis à neuf pour les suivants... le lessivage des encriers...mais, suprême récompense, le jeu de piste imaginé à partir d’images pieuses...

Je me souviens de vous, Soeur Cunégonde, Soeur Benoît-Joseph, Soeur Lucilla, Soeur Emilienne et surtout de vous Soeur Oswaldine... vos cornettes empesées m’ont amené plus d’un cauchemar... aujourd’hui, plus de cinquante après, je souris et malgré tous les tourments que vous m’avez causés, je vous remercie...

913080 Publié le 06/01/2005 à 09:46 supprimer cette contribution
Citation:
que j'aime cette phrase là


C'est du pur sucre...
913080 Publié le 06/01/2005 à 10:23 supprimer cette contribution
Merci à tous pour vos participations.

Au fait, j'y pense: c'est pas pasque chuis instit qu'il faut se cantonner au primaire.

"Souvenirs scolaires", c'est plus large...

Par exemple, m'dame Milady, je fus moi aussi imprégné d'eau bénite par de mâles cathos plutôt musclés.
Les Jésuites, appelés aussi "La compagnie de Jésus", étaient des prêtres éducateurs aux principes quasi militaires.

Pendant toute ma scolarité secondaire j'ai eu quelquefois l'occasion de profiter de leur virile poigne. Ces curés nous prêchaient l'amour du prochain à coup de torgnoles.

Mais, je ne sais pourquoi, nous les aimions bien et chacun avait son surnom: Zorro, Apou, Raton, Belette, Goupil, Nanar...

Le Raton dont je vous cause est d'ailleurs célèbre.

Faut que je m'explique: le bahut en question, c'est Saint-Théodard, à Montauban, et dans ses locaux furent tournées des scènes du "vieux fusil" de Robert Enrico, en 75.

Les scènes d'hôpital, et celle de la distribution des prix, dans la "cour d'honneur": c'est le vrai Raton qui officie dans le film, l'abbé Antoine De Vezins.

Pourquoi l'appelions-nous "Raton"? Je vous raconterai plus tard, si vous êtes sages...
Paix à son âme.
1290740 Publié le 06/01/2005 à 10:27 supprimer cette contribution

Citation:
"Souvenirs scolaires", c'est plus large.


bien sûr Carlow, mais ce sont ceux du "primaire" qui m'ont laissé le plus de souvenirs... après, bof... rien de bien transcendant
913080 Publié le 06/01/2005 à 10:39 supprimer cette contribution
Citation:
après, bof... rien de bien transcendant


Si tu fouilles un peu au grenier de ta mémoire, chuis sûr que tu vas trouver une autre perle à nous raconter...
1151591 Publié le 06/01/2005 à 11:18 supprimer cette contribution
J'ai quelques réminiscences d'école maternelle...seule période de ma vie où, question de proximité sans doute, j'ai fréquenté un établissement religieux. Ce ne sont que des images qui me reviennent en vrac et si elles me font sourire aujourd'hui, elles témoignent d'une école d'un autre âge.
Dès l'entrée en classe sous la férule d'une bonne soeur en cornette, nous entonnions en choeur un "Je vous salue Marie" sonore. C'était comme une petite chanson dont la musique ressemblait à celle des tables des tables de multiplication que j'apprendrai plus tard. Le sens du texte m'échappait, je n'en saisissait que des bribes. Le "Priez-pour nous, pauvres pécheurs" me posait un vrai problème. Faute d'explication, mon vocabulaire limité ne connaissait que des pêcheurs et s'il s'agissait de pécher, pour moi, ce ne pouvait être que pêcher à la ligne. Et j'avais du mal à admettre que les faveurs du ciel puissent être réservées aux seuls pêcheurs à la ligne qui ne me semblaient pas plus méritants que ça. Si je suis aujourd'hui mécréante c'est probablement que le doute s'est insinué en moi dès cette époque:
1151591 Publié le 06/01/2005 à 11:39 supprimer cette contribution
Je ne sais plus à quelle classe correspond la 9ème du temps où l'école était primaire et non pas élémentaire. C'était en tout cas l'année où Madame Raoux nous apprit les points cardinaux. J'étais sage et studieuse. J'écoutais avec attention. J'ai tout compris quand, dos au tableau noir, par dessus son épaule, elle a, du pouce indiqué le nord, juste là, derrière elle...
Des années plus tard, quand je perdais le nord, c'est à partir du tableau noir de la classe de Madame Raoux, que je devais m'orienter pour le retrouver.
1290740 Publié le 06/01/2005 à 12:34 supprimer cette contribution
... un intermède encore dont je viens de me rappeler, merci Soledonne ... l'Ave Maria, non pas une fois par jour mais à chaque sonnerie et toujours avec notre particularisme, je parlerai cette fois de l'accent qui nous est propre, je ne vous explique pas ce que le
"Je vous salue Marie pleine de crasse ..." provoquait comme interrogation chez moi
1151591 Publié le 06/01/2005 à 13:35 supprimer cette contribution
Elle avait bien vu Mademoiselle l'instit...t'as toujours le même sourire. Pas vraiment insolent, à peine moqueur, juste assez en coin pour avoir l'air de te ficher du monde, et même sur la photo, on voit tes yeux qui rigolent...
913080 Publié le 06/01/2005 à 13:43 supprimer cette contribution
Citation:
Je ne sais plus à quelle classe correspond la 9ème du temps où l'école était primaire et non pas élémentaire.


Le CE2. (8 ans)

Tu sais, soledonne, l'école a toujours été "primaire".

Je te dois des explications:

L'école "primaire" réunit:

- la "maternelle", (que le monde entier nous envie)
- l'élémentaire.

Mais beaucoup confondent primaire et élémentaire, même des "pros".

La suite, c'est le "secondaire", puis le "supérieur"... C'est Julesferryesque...


1151591 Publié le 06/01/2005 à 13:46 supprimer cette contribution
Carlow. C'est vrai que cette classification a un p'tit air désuet, III° république quoi!
913080 Publié le 06/01/2005 à 13:49 supprimer cette contribution

sans parler des confusions multiples entre

- inspecteur de l'éducation
- inspecteur d'académie
- directeur
- chargé d'école
- et j'en passe..
1156184 Publié le 06/01/2005 à 16:27 supprimer cette contribution
Vous avez bien de la chance d’avoir de si beaux souvenirs… Du lait, même si celui-ci a l’odeur du plastique, des jupettes et des gambettes de vos camarades, l’odeur des encriers et de celles qui faisaient régner l’ordre, l’image de ces bambins qui suivent le chemin de l’école…

Moi, j’ai peu de souvenirs… Juste cette petite école au centre hospitalier de Renée Sabran sur la presqu’île de Giens « 83 ».
Au bord de la mer entourée de plusieurs hectares de pinède…
Les médecins ont répété qu’il me fallait le soleil, alors me voilà clouée pour plusieurs années dans cet environnement très paradisiaque pour des yeux venus de l’extérieur !
Pas de chemin pour aller à l’école, puisqu’il n’y avait qu’une trentaine de mètres séparant les deux bâtiments… Deux portes en bois s’ouvraient à 9 heures le matin, à droite la maternelle, à gauche ma classe.
Les portraits des enfants qui nous avaient précédé étaient accrochés au mur, les bureaux en bois et aux pieds en métal étaient installés de façon a faciliter le passage des fauteuils roulants, pas de grande estrade puisque de toute façon, impossible pour nous d’aller à ce grand tableau en ardoise vert ou je n’ai jamais ressenti la sensation, de savoir ce que c’était d’être appelée au tableau ou même d’écrire sur celui-ci !
Pas de sonnerie a 9 heures.
Quand le matin tout le monde était installé, nous n’étions guère plus de 10, ma hantise était que les gens en blanc viennent me chercher pour la radiologie ou d’autres examens… Je ne sais combien de fois j’ai quitté ma classe ?
Cette classe n’était pas le CE1, la 6éme ou autres, c’était tout à la fois ! Pas question d’avoir la maîtresse pour soi, puisque il n’y avait pas le même sujet pour tous, le niveau de chacun nous différenciait ! Alors bien sûr au bout de quelques années le retard ce faisait sentir !

Et dans ce petit monde bien protégé les années passaient …

Il m’est arrivé d’aller a l’école dit en « milieu classique » pendant certaines périodes… Je me souviens, à 8 ans j’ai rejoins ma famille sur Fréjus et me voilà avec de nouvelles têtes et une nouvelle maîtresse… Et à ma grande surprise une sonnerie à 8 heures 30.



Etre à l’heure quand on est appareillée de la tête aux pieds n’est pas évident !



Les directives étaient de toujours avoir un œil sur moi, non pas parce que j’étais une enfant turbulente puisque de toute façon dans mon armure je ne pouvais ni bouger et encore moins courir. Le matin quand l’heure sonnait, la bonne idée était de me mettre au début du rang, je me retrouvais vite fait en position de crêpe au sol quand tout le rang poussait, et cela n’a duré que quelques jours.
La directrice me posa sèchement devant de le portail de cette école en expliquant à ma mère que je n’étais pas à ma place, mais que celle-ci se trouvait plutôt dans un centre adapté, à savoir qu’à l’époque cela n’existait pas ou si peu, ou alors si, mais, à l’autre bout de la France. C’est les yeux de maman pleins de larmes que je la revois encore m’expliquant qu’elle allait trouver une solution.

pleurer A partir de ce moment là, j’ai compris que je n’allais pas être une enfant comme les autres…

Plusieurs expériences on suffit à me décourager.

Les estrades toujours trop hautes, toujours pas de tableaux, ni le bruit de la craie qui glisse sur celui-ci.
Les bousculades et les récréations trop courtes compte tenu du temps nécessaire pour monter et descendre ses interminables escaliers. De toute façon, cela ne changeait pas grand-chose puisque mes récréations je les passais dans un coin toute seule. Certaines fois, j’ai partagé les jeux avec d’autres enfants, comme les billes ou le prêt de mes béquilles pour faire des âneries ! Il m’est arrivé d’avoir des copines à qui je faisais les dessins en échange de leur amitié, de toute façon cela ne me dérangeait pas, c’était la seule matière que je maîtrisais !

Alors non ! Je ne voulais pas rester dans cette jungle, je voulais retourner à Renée Sabran…

Renée Sabran mon école mais aussi ma maison !

Les cours se terminaient à 11 heures 30, pas pour aller au réfectoire pour manger mais en rééducation pendant une heure, et souvent les yeux rouges, je rejoignais ce p’tit monde à la cantine, ma table était dans un coin, bien à part car j’ai toujours été au régime, ne surtout pas grossir, à cause des appareillages et de ce corps qui se transformait trop facilement puisque je suis une fille. Mais pas de chance pour moi, ma famille c’est plutôt style athlétique pour les J.O au « lancer de poids »… Comme je détestais les carottes râpées, les salsifis et autres légumes, peut être même tous les légumes !
Après ce fabuleux repas c’était la sieste pendant 1 heure. Au réveil, un verre de limonade et un gâteau nous étaient tendus… Ce gâteau, toujours le même ! Pendant des années, triangle en gaufrette recouvert de chocolat noir, depuis, j’ai un blocage pour la limonade et tous ces gâteaux que l’on met bien souvent pour terminer la déco sur les glaces et les crèmes brûlées !
La classe reprenait de 14 h a 16 h 30. Il nous arrivait de faire des crêpes en classe ou autres activités du même style !

Ici pas de programme scolaire, chacun avance à son rythme.
Un rythme bien plus que lent…
Mais comment faire pour rattraper ce retard ?
Pour échapper au bloc opératoire ou autres ?
Comme je regrette de m’être lassée de ce peu d’études qui bien des fois ma découragée, des maths ou des « intéros » ou je ne comprenais rien a rien, impossible d’enregistrer…

Aujourd’hui, c’est vrai, cela me fait souffrir de ne savoir écrire sans fautes d’orthographe… Me fait souffrir de vous suivre dans vos écrits…
Et comme je n’enregistre pas, je lis de moins en moins…
Ce que je donnerais pour boire du lait même plastifié, ou avoir des tonnes de devoirs…
Dois-je en vouloir a l’éducation Nationale de ne m’avoir pas protégée des aléas de la vie ? Je ne sais pas…

Maintenant en 2005 les enfants ont les armes appropriées pour progresser, dans les centres hospitaliers et des maisons adaptées…

Alors, même si mon histoire fait « très Cosette » j’en suis désolée mais c’est mon histoire… Mes souvenirs scolaires… Je ne peux oublier cette petite classe qui est bien ancrée dans ma mémoire, ou même l’odeur me colle encore à la peau… Je suis désolée si toi qui me lis tu trouves des fautes éparpillées…







1151591 Publié le 06/01/2005 à 16:36 supprimer cette contribution
Belle leçon de courage Yaourt et surtout formidable réussite que cette femme sensas que tu es devenue.

Et en plus, grande nouille, tu m'a fait pleurer...
931642 Publié le 06/01/2005 à 16:41 supprimer cette contribution
Bien moi aussi Yaourt tu m'a fait pleurer, puis tu sais tu me donne vachement à réflechir aussi, énormément même.
Puis les fautes bien on s'en cague, c'est le coeur qui est interressant pas le reste.
1156184 Publié le 06/01/2005 à 16:59 supprimer cette contribution
Pour vous deux!
1151591 Publié le 06/01/2005 à 17:17 supprimer cette contribution
Tiens ma Yaourt, je vais te raconter un épisode peu glorieux de mon passage chez les soeurs, juste pour te faire rigoler.
Sous leurs cornettes, je croyais que les bonnes soeurs n'avaient pas de cheveux, pas plus que de seins ni de jambes sous leurs robes noires. Tout juste des mains qui dépassaient pour tirer les oreilles ou se joindre en prière et des pieds en sandales de cuir l'été et en godillots l'hiver. A 4 ans, je me posais déjà bien des questions à leur sujet. Il y en avait bien une ou deux qui déjeunaient à la cantine, je savais donc qu'elles mangeaient, qu'elles parlaient aussi car elles grondaient beaucoup, et j'en avais même repéré une qui riait. Mais juste une, encore jeune et jolie, que la fréquentation assidue du bon dieu n'avait pas encore totalement désséchée. J'en étais arrivée à la conclusion que ce n'était pas des hommes, pas tout à fait des femmes non plus, mais plutôt une espèce à part. Une question surtout me turlupinait: est-ce que les soeurs faisaient pipi. La question me paraissait d'importance pour déterminer leur degré d'humanité. Si j'en jugeais à leur attitude quand un petit levait le doigt pour demander à satisfaire une envie pressante, j'avais des raisons d'en douter. D'ailleurs, à ma connaissance, il n'y avait dans les toilettes sans portes, qu'un alignement de trois ou quatre cuvettes de taille réduite, manifestement trop petites pour elles. Qui plus est, il me semblait que l'envie pressante, celle qui vous fait arrêter de jouer, qui vous fait vous dandinner sur place, vous balancer d'un pied sur l'autre avant d'oser lever le doigt, leur était totalement étrangère. C'était au point que le soir, juste avant la cloche libératrice signalant l'heure des mamans, elles nous conduisaient aux WC en rang par deux. Les enfants étaient nombreux et au rythme des déshabillages et reculottages, l'attente était parfois longue. Souvent même interminable, surtout quand, comme moi, on avait la malchance d'être dans les derniers. J'avais beau sautiller, tenter de resquiller, penser à autre chose, inmanquablement, avant que mon tour n'arrive, l'irréparable était accompli. Et je repartais, toute honte bue, penaude, rouge comme une tomate, avec une grande culotte que l'on me prêtait et qui tombait jusqu'à mes chevilles.
Plus tard l'école a fermé ses portes bien que les soeurs y résident toujours. Quand, devenue grande, il m'arrivait de passer par la rue surplombant le bâtiment, je voyais sur le toit terrasse, flottant au vent sur des fils d'étendoir, des rangées d'immenses culottes en coton, genre "Grand bâteau". Et je rigolais doucement...d'avoir enfin la response à ma question.
1118017 Publié le 06/01/2005 à 17:32 supprimer cette contribution

Yaourt,tu me fais découvrir ce fil!

CITATION
"Vous avez bien de la chance d'avoir de si beaux souvenirs"

On a surtout la chance d'avoir lu ces souvenirs qui nous ont fait suivre une petite fille si délicate dans son monde d'alors,un monde qu'on n'imagine pas...

Une histoire sans faute de style,sans faute d'intelligence,sans faute d'attention de regard clair.

Une émotion à chaque ligne.

Si je m'imaginais que la petite fille si fragile de ces souvenirs est à l'origine du beau brin de fille qu'on connait,plein de gaité et d'humour!

Merci Yaourt pour cette histoire
1156184 Publié le 06/01/2005 à 17:32 supprimer cette contribution
Citation:
encore jeune et jolie, que la fréquentation assidue du bon dieu n'avait pas encore totalement désséchée.

Tu m'as fait trop rire!
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